Edition No 100
Vendredi 14 Décembre 2018

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La Sarraz / District de Morges / Alphabet des communes
Parti de gueules et d’or, à la lettre S d’argent brochante. Auprès d’un château fort attesté dès le XIe siècle et qui dresse fièrement ses tours aujourd’hui encore, le bourg de La Sarraz put se développer et recevoir des franchises qui favorisèrent son existence. Vers 1561, le conseil fit reconnaître le droit d’apposer les armes de la ville sur l’horloge et ailleurs, et d’avoir un huissier à la livrée gueules et or. Les armoiries complètes se trouvent sur des sceaux, des sculptures et des tableaux dès le XVIe siècle.
Syndique
Rosa Mischler
Municipaux Frédéric Gasser
Jean-François Meylan
Nathalie Petoud
Jean-Pierre Serex
Secrétaire Daniel Beutler
Boursier Philippe Sueur
Nom de la commune La Sarraz
Sobriquet des habitants Lè Rolye-Bo (les frappe-crapauds)
Adresse + tél. + fax Grand-Rue 1
Tél. 021 866 02 20, fax 021 866 02 27
Adresse e-mail commune@lasarraz.ch
Coordonnées géographiques 529.350/168.025
District Morges
Arrondissement électoral Morges
Superficie + altitude 770 ha - 485 m.
Communications, voies
et moyens d’accès
Autoroute, sortie La Sarraz, à 5 minutes
Gare CFF à La Sarraz
Réseau de bus
Nombre d’habitants 2381
Nombre de ménages 1155
Structure de la population 1754 Suisses – 627 étrangers
1167 hommes – 1214 femmes
Communications Journal «Le Sarrazin» (4x/an) Site internet
Taux d’imposition 64
Syndique Mischler Rosa
Administration générale – Finances – Ecoles – Urbanisme – Police construction – Château
Municipaux Gasser Frédéric
Affaires sociales – Forêts – Carrière – Police – Cultes – Domaines – Vignes
Petoud Nathalie
Militaires – Pompiers – Protection civile –
Tourisme – Bâtiments
Meylan Jean-François
Eau potable – Voirie – Routes – Cimetière –
Parcs/Promenades – Culture
Serex Jean-Pierre
Epuration – STEP – SI – Déchetterie – Piscine
Secrétaire municipal Beutler Daniel
Boursier Sueur Philippe
Séance de la municipalité Lundi
Conseil communal 55 membres
Adresses utiles
Greffe
Heures d’ouverture
Administration communale
(greffe, service technique, contrôle des habitants/police des étrangers, police, bourse)
Guichets:
Lundi et vendredi de 13h30 à 16h30
Mardi et jeudi de 7h45 à 11h00
Mercredi de 13h30 à 18h00
Autres services communaux Téléphone tous les jours de 9h00 à 11h00
et de 14h00 à 16h00
Registre foncier Tolochenaz
Etat civil Morges
Office du tourisme OT Château de La Sarraz, tél. 021 866 64 23
Poste de gendarmerie + tél. Cossonay, tél. 021 557 82 21
Service du feu Responsable du site de La Sarraz:
Reymond Denis
Paroisses Protestante de La Sarraz
Catholique de Cossonay
Piste Vita, Patinoire, piscine Piscine/Camping à La Sarraz, en saison
Camping avec piscine
Curiosités Imposant Château/Musée suisse du cheval
Chapelle du Jaquemart (1360 avec tombeau François Ier )
Manifestation communale Fête bisannuelle de l’Abbaye des carabiniers Fête médiévale (tous les 2 ans)
Sociétés locales Abbaye – Accordéonistes – Gym – Chant – Fanfare – Football – Tir – Volley-ball – Danse – Cinéma – Aînés – Scouts – Paysannes vaudoises – Cercle portugais – Espace culturel – Echecs – Pêcheurs – Société de développement – Jeunesse – Arts martiaux – Etc.
De gauche à droite : Jean-François Meylan, Rosa Mischler, Nathalie Petoud, Frédéric Gasser, Jean-Pierre Serex
Vanessa Festeau, Claude Biolley et André Görtz

En plein cœur du Pays de Vaud, entre Venoge et Nozon, sur la ligne de partage des eaux des bassins du Rhône et du Rhin, voici La Sarraz, riche de son histoire, de son château, de sa belle nature. Petite ville active, perchée sur son arête rocheuse, elle est adossée à la grande étendue sauvage des Buis. Protégée par le Mormont, La Sarraz regarde les Alpes, de la Becca-d’Audon au Mont-Blanc, dominant la plaine et ses beaux champs de blé ou de colza.

Le nom de La Sarraz vient du participe passé patois «serata», serrée, fortifiée (du latin «serare»). Fait-il allusion à l’étroitesse du défilé ou au caractère fortifié de la ville? Les avis divergent. Le «Z» final n’apparaît que tardivement.

En 1049, Adalbert de Grandson, désireux d’augmenter l’emprise de sa famille au Pied du Jura, construit une tour fortifiée au sommet du rocher qui domine le défilé du Mormont, véritable clé de passage qu’empruntaient, au Moyen Age, les armées, les commerçants et les pèlerins venant de France et se dirigeant vers l’Italie. Des colons s’installent aux alentours, c’est la naissance du bourg qui va s’étirer tout au long du promontoire rocheux et offrir aux regards la silhouette typique que nous lui connaissons encore aujourd’hui. D’abord bourgade ouverte, il est transformé au milieu du XIIIe siècle en ville fortifiée, fermée par de nombreuses portes fortes. Les communes des environs étaient tenues de participer à l’entretien des fortifications de ce lieu de refuge.

La vie de La Sarraz est étroitement liée à celle de son château. Des origines à la mort de la dernière châtelaine, Mme Hélène de Mandrot, en 1948, trois familles seulement, d’ailleurs alliées, les Grandson-La Sarra, les Montferrand-La Sarra, les Gingins-La Sarra vont se succéder au château. Cela représente neuf siècles d’habitation continue et une accumulation de trésors et de témoignages qui rendent ces lieux particulièrement attachants. Des vitraux du XIIIe siècle, le somptueux Livre d’Heures de Jean de Gingins, qui guerroya en France pendant la Guerre de Cent Ans, 160 portraits de famille, des meubles signés de grands noms, une collection de porcelaines et de cristaux anciens sont là pour rappeler la vie d’autrefois, sans oublier la complète et rarissime édition de l’encyclopédie d’Yverdon (1770-1780), composée de 58 volumes illustrés consacrés aux grands évènements de l’époque, qui dort dans les rayons de la vaste bibliothèque de l’édifice.

Mme de Mandrot avait réussi à insuffler à ces lieux, entre les années 1920 et 1940, une aura culturelle exceptionnelle. Elle créa pour ce faire une «Maison des Artistes». En 1928, Le Corbusier en personne rassembla architectes et urbanistes du monde entier au premier Congrès international de l’Architecture Moderne. L’année suivante, Sergeï Eisenstein y présidait le premier Congrès du cinéma indépendant. En 2009, le Conseil de l’Europe a décerné au Château de La Sarraz, après l’Acropole d’Athènes et l’Abbaye de Cluny, le «Label du patrimoine européen», en reconnaissance de l’importance de la Maison des Artistes dans le courant artistique de la modernité européenne avant-gardiste.

Son titre de Ville, La Sarraz le doit au Moyen Age. En 1345 François Ier de La Sarra lui accorde les libertés et franchises de la Ville de Lausanne. A dater de cette concession, La Sarraz prend place parmi les bonnes villes du Pays de Vaud. En 1400, à l’initiative de Nicolas Ier de La Sarra, un hôpital, établissement charitable pour secourir les nécessiteux, est fondé. C’est là l’origine de la plus ancienne hôtellerie de La Sarraz, l’Hôtel de Ville. La Ville y tiendra ses assemblées, conseils et confréries. C’est également dans cette Maison de Ville que dès 1590 l’enseignement sera donné.

A la fin du XIVe siècle, La Sarraz prospère. Passage, commerce et artisanat se développent. Elle reçoit des ducs de Savoie le droit de tenir quatre foires par année, ce qui est un grand privilège. En 1597, Leurs Excellences de Berne autorisent un marché chaque mardi qui durera plus de deux siècles et demi.

A la Réforme, l’Hospice de Bornu appartenant au couvent du Grand-St-Bernard devient propriété des barons de La Sarraz. Ils en font un moulin, créent un bief au Nozon pour faire mouvoir ses rouages, conduisent ses eaux dans le vallon qui longe la ville à l’occident pour y alimenter d’autres forges ou moulins avant d’aboutir à la Venoge. C’est ainsi qu’en partageant le Nozon entre le bassin du Rhin et le bassin du Rhône, le nord et le sud, les barons de La Sarraz créent le Milieu du Monde, situé, il faut bien l’avouer, à la limite de La Sarraz, vers le Moulin Bornu, mais sur la commune de Pompaples.

Au début du XIXe siècle, alors que le château subit d’importantes modifications, les fortifications et portes de la ville disparaissent. Le bourg a néanmoins gardé une structure moyenâgeuse, même s’il reste peu de maisons antérieures au XVIIe siècle. A la Grand-Rue pourtant, l’une d’elles a une façade gothique. Une autre arbore le pilori, sur lequel les malfaiteurs étaient exposés à la vue et aux moqueries du public. Adossée au Temple, la chapelle Saint Antoine, ou Jaquemart, construite en 1360, contient un monument funéraire impressionnant de François Ier de La Sarra. On peut encore citer plusieurs fontaines magnifiques. Le Temple, œuvre de l’architecte Henri Perregaux, construit sur l’emplacement de la vieille église paroissiale, date de 1837. Erigée à l’époque comme collège et prisons, notre Maison de Commune actuelle date de 1839.

C’est sur l’eau que les industries se développent, dans le vallon ou sur la Venoge. En 1741, la tannerie Knébel est fondée, suivie en 1781 de la tannerie Huguenin; elles tirent parti des écorces des chênes de la région. Elles sont renommées surtout pour la fabrication de gros cuirs. Une importante papeterie est établie en 1828 au bord de la Venoge, une des quatre premières en Europe à fabriquer le papier «sans fin». La fabrique de couvertures de laine Girardet lui succède en 1871. A la fin du XIXe siècle, alors que s’éteignent les derniers représentants des dynastes de La Sarraz, l’usine électrique de la Venoge fournit assez de courant pour éclairer 145 abonnés. Comme le canal du Rhône au Rhin et son canal d’Entreroches au XVIIe siècle, l’arrivée du chemin de fer en 1870 ouvre La Sarraz sur le monde.

Aujourd’hui avec environ 2500 habitants, c’est en fait un grand village; il y a un nombre de sociétés surprenant et propre à satisfaire tous les goûts. De la vieille société de l’Abbaye des Carabiniers et sa fête biennale, qui a lieu en alternance avec la Fête médiévale, au club d’échecs, de la fanfare au club de volley, du chœur mixte au club de football, des gymnastes aux accordéonistes, elles offrent à chacun de quoi se divertir en bonne compagnie. Que fait-on à La Sarraz? On y trouve d’abord des magasins couvrant tous les besoins. La population dispose sur place de la plupart des services nécessaires, dont notamment ceux d’une banque. De nombreux corps de métiers sont représentés. Une fonderie de cloches apporte même sa touche d’originalité. L’agriculture reste vivante, puisque l’on compte encore cinq agriculteurs et un centre collecteur régional important. Cinq établissements publics (cafés, restaurants et hôtels) accueillent les voyageurs. Une blanchisserie industrielle, qui traite le linge hospitalier, a remplacé l’ancienne tannerie. La Sarraz compte aussi un établissement horticole important et de petites usines comme celle très spécialisée dans la trempe. Enfin, la société Holcim Granulats & Bétons SA exploite la roche calcaire que nous avons en abondance. Tout cela ne suffit pas à nourrir notre population et l’activité économique ne se limite pas, bien sûr, au territoire communal. L’Hôpital de Saint-Loup, sur la Commune de Pompaples, est un grand pourvoyeur d’emplois, de même que les usines d’Eclépens. La présence de l’autoroute a facilité le trafic pendulaire, augmentant sensiblement la population ces dix dernières années.

La station d’épuration de La Sarraz est partagée avec les communes de Ferreyres et Pompaples, et un réseau de chauffage à distance Eclépens-La Sarraz, qui valorise les rejets de chaleur des fours de l’usine de ciment Holcim, équipe la région. Un réseau de distribution de gaz complète l’approvisionnement énergétique.

Dans tous les domaines, la collaboration intercommunale s’intensifie, par exemple avec la création en 2007 de l’Association Intercommunale des Eaux du Mormont (AIEM), qui réunit les communes d’Eclépens, Orny, Pompaples, La Sarraz, et depuis peu Ferreyres. Cette association a entrepris la réalisation de plusieurs grands ouvrages, notamment un nouveau puits à Eclépens qui pompe l’eau dans la nappe phréatique, un nouveau réservoir dans la région du Mormont d’une capacité de 2000 m3, un autre réservoir de 1000 m3 à la Cressonnière et une station d’accélération dans la plaine. Une autre association intercommunale joue un rôle primordial dans la région, à savoir l’Association Scolaire Intercommunale de La Sarraz-Environs et Veyron-Venoge (ASISEVV), qui regroupe les Communes de Chavannes-le-Veyron, Chevilly, Cuarnens, Eclépens, Ferreyres, La Sarraz, L’Isle, Mauraz, Moiry, Mont-la-Ville, Montricher, Orny et Pompaples. A travers cette association, le site des Guébettes, à La Sarraz, devrait, dans un proche avenir, compter un collège de plus; il sera destiné plus spécialement au regroupement des classes du cycle secondaire et son inauguration est prévue en 2015. La piscine communale a suivi le même mouvement que l’eau et les écoles, puisqu’en 2010 elle est devenue officiellement une association intercommunale. Quant à ses perspectives d’avenir, La Sarraz se trouve devant un double défi, celui de mettre en valeur la beauté et la qualité du lieu, objet privilégié de multiples protections fédérales et cantonales, sans tomber dans l’immobilisme.

Gâtée par la nature et jouissant d’un microclimat qualifié de provençal (contrarié parfois, il faut bien l’avouer, par les brouillards de la Venoge), elle jouit d’un paysage et de sites exceptionnels. La cloison calcaire du Mormont, qui protège le bourg de la bise, est un vrai musée géologique. Cette zone est d’ailleurs protégée par un Plan d’affectation cantonal et un inventaire fédéral; cependant, cela ne fait pas obstacle aux projets d’interventions massives de destruction et de reconstruction actuellement en cours d’étude.

Une découverte exceptionnelle a eu lieu au sommet du Mormont, colline exploitée par la cimenterie Holcim depuis plus de cinquante ans pour l’excellence de son calcaire. C’est l’une des plus grandes carrières de Suisse, qui coupe littéralement la colline en deux.

En été 2006, alors que les bulldozers allaient s’attaquer à une combe proche du sommet, des sondages archéologiques ont permis de mettre au jour un sanctuaire helvète d’une importance exceptionnelle: l’un des plus grands sanctuaires celtiques d’Europe.

Il y a 2000 ans, aux alentours de 100 avant J.-C., les Helvètes y ont creusé des centaines de fosses, des puits cylindriques, dont certains de plus de 4 mètres de profond, pour déposer des offrandes à leurs dieux.

Ces puits contenaient de nombreux objets (outils en fer, meules à grain, céramiques, récipients en bronze, monnaies...) et animaux sacrifiés (moutons, porcs, bœufs). Plusieurs bœufs et chevaux entiers ont été «basculés» la tête la première dans des fosses. De nombreux crânes humains apparaissent également parmi les offrandes. Des personnes ont été décapitées et ont eu parfois la mâchoire arrachée. Ces humains ont-ils été sacrifiés? Comment ont-ils été tués? Voilà un des mystères que l’équipe archéologique va tenter d’élucider. Il faut préserver ces richesses, mais sans perdre de vue un instant que la vitalité de notre commune dépend de notre capacité d’en dépasser les contraintes. La réalisation de nouveaux plans de quartier a permis d’augmenter d’environ 30% notre population en quelques années et deux autres sont à l’étude.

Afin de gérer au mieux l’augmentation de la population et le phénomène d’étalement urbain, le Plan directeur cantonal définit une priorité à l’urbanisation dans les centres cantonaux et leurs agglomérations, les centres régionaux et les centres locaux. Ce plan a reconnu notre Commune comme un centre régional, c’est-à-dire comme un centre de relais entre les centres cantonaux et les régions, qui offre un bon niveau de services (banques, assurances, hôtels, etc.) et dispose d’une bonne accessibilité en transports publics et individuels.

Un grand effort a été consenti sur la réfection des routes; après la rue des Guébettes, l’avenue de la Gare, le Bourg-de-Jougne, le Record et le chemin des Planies, c’est la rue du Chêne qui fait peau neuve, avant de redonner également un nouveau visage et une ambiance plus conviviale à la Grand-Rue et à la rue du Château. Notre commune s’est aussi dotée tout récemment d’une nouvelle garderie et de logements protégés, destinés à accueillir des personnes âgées ou handicapées.

Tout cela devrait contribuer à améliorer encore l’activité, l’animation de notre localité et la qualité de nos infrastructures; les richesses de La Sarraz et les derniers développements nous motivent à poursuivre sans relâche notre progression et nous sommes prêts à affronter les nombreux défis qui nous attendent.